
Luxation et instabilité de la rotule
Luxation et instabilité de la rotule
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La rotule et sa gouttière
La rotule est l’os mobile situé devant le genou. Elle glisse dans une gouttière du fémur (la trochlée) et est maintenue par des ligaments, dont le ligament fémoro-patellaire médial (MPFL), qui l’empêche de partir vers l’extérieur.
Que se passe-t-il lors d’une luxation ?
La rotule sort de sa gouttière, le plus souvent vers l’extérieur, lors d’une torsion ou d’un choc. Elle se remet parfois toute seule. La luxation provoque une douleur vive et un gonflement du genou. Elle survient souvent dès l’adolescence, mais peut arriver à tout âge.
Après une première luxation, la rotule se stabilise chez beaucoup de patients, mais chez d’autres elle sort de nouveau : on parle d’instabilité.
Pourquoi certaines rotules sortent-elles plus facilement ?
Plusieurs facteurs peuvent s’associer :
une gouttière peu creuse (dysplasie de la trochlée)
une rotule placée trop haut
une insertion du tendon rotulien trop à l’extérieur
un ligament (MPFL) distendu ou rompu
un axe ou une torsion de la jambe
un déficit des muscles de la cuisse
Quels signes doivent alerter ?
Un genou qui s’est déboîté ou qui se déboîte, une impression que la rotule « saute » ou que le genou se dérobe, une appréhension à certains mouvements, parfois une douleur à l’avant du genou.
Vous venez de vous blesser au genou ?
Après un déboîtement, il est préférable de faire examiner le genou rapidement : on recherche un fragment d’os ou de cartilage détaché. Vous pouvez consulter sans rendez-vous à Doc Thau Sète (centre de soins non programmés, indépendant du cabinet, admission décidée par son équipe médicale ; horaires et téléphone sur docthausete.fr), ou appeler le secrétariat d’Ortho7 au 04 67 53 09 24. Un créneau d’IRM peut être réservé dans les 48 heures, puis une consultation avec un chirurgien de l’équipe. Vous restez libre de choisir votre médecin.
Comment fait-on le bilan ?
L’examen clinique, des radiographies et une IRM (qui recherche une lésion du ligament et du cartilage) sont le plus souvent suffisants. Un scanner peut mesurer précisément la position de la rotule et les torsions des os.
Le traitement
Après une première luxation, le traitement est le plus souvent non chirurgical : rééducation pour renforcer les muscles qui stabilisent la rotule, parfois une attelle. La chirurgie est proposée d’emblée en présence d’un fragment d’os ou de cartilage détaché, ou de facteurs anatomiques importants.
En cas d’instabilité répétée, une chirurgie est proposée. Elle est adaptée aux causes retrouvées, et associe souvent plusieurs gestes dans la même intervention :
La reconstruction du ligament fémoro-patellaire médial (MPFL) : un greffon tendineux remplace le ligament et retient la rotule
La translation de la tubérosité tibiale : l’os où s’insère le tendon rotulien est déplacé pour recentrer la rotule
La trochléoplastie : la gouttière est creusée, pour les dysplasies sévères, geste plus rare
La correction d’une torsion ou d’un axe de la jambe (voir la page Ostéotomie du genou)
Cette chirurgie est exigeante : elle demande une sélection attentive et votre implication dans la rééducation.
Et si c’est seulement une douleur à l’avant du genou ?
Une douleur autour de la rotule (syndrome fémoro-patellaire) est d’abord traitée par la rééducation et l’adaptation des activités. La chirurgie est rare et n’est envisagée qu’après un bilan complet.
Suites et rééducation
L'intervention a lieu en ambulatoire. L'appui complet est autorisé d'emblée. Une attelle articulée doit être portée pendant 6 semaines, avec flexion limitée initialement. La rééducation, débutée tôt, vise à retrouver la mobilité puis la force. Un dispositif de froid compressif, mis à disposition à domicile par un prestataire, aide à soulager la douleur et à limiter le gonflement.
Ce qu’on peut attendre
L’objectif est un genou stable et moins douloureux, avec une reprise des activités. Les résultats sont le plus souvent bons, mais une douleur peut persister si le cartilage de la rotule est déjà abîmé. Le risque de nouvelle luxation n’est pas nul.
En cas de lésion cartilagineuse importante sur la rotule, il est possible d'associer un geste de réparation du cartilage dans le même temps (voir la page Greffe de cartilage du genou).
Complications possibles
Les complications liées à l’anesthésie, l’hématome, les complications thromboemboliques (phlébite, embolie pulmonaire)
L’infection du site opératoire, traitée par lavage et antibiothérapie prolongée
La raideur du genou
La récidive de l’instabilité
La fracture de la rotule ou de la tubérosité tibiale, qui nécessite une nouvelle fixation
La non-consolidation de l’os (moins de 5 %) en cas d’ostéotomie, qui nécessite une nouvelle intervention avec greffe
Les troubles de la sensibilité autour de la cicatrice
En bref
Hospitalisationambulatoire
Anesthésiegénérale + locorégionale
Temps opératoire1h à 2h
Durée rééducation6 mois
Arrêt de travail6 à 12 semaines selon le travail
Reprise conduite automobile6 semaines
Reprise du sport6 à 9 mois