Prothèse de genou assistée par robot

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Quand envisager une prothèse de genou ?

Une prothèse de genou est proposée lorsque l’arthrose a détruit le cartilage et que la douleur résiste aux traitements habituels (antalgiques, anti-inflammatoires, infiltrations). La douleur apparaît d’abord à la marche, puis le genou s’enraidit, le périmètre de marche diminue et les escaliers deviennent pénibles, surtout à la descente.

Plusieurs facteurs favorisent cette usure : le surpoids, une déformation des genoux en « O » ou en « X », les séquelles d’un traumatisme.

Prothèse totale ou unicompartimentale : comment choisit-on ?

Le genou comporte trois compartiments : interne, externe et fémoro-patellaire (devant, sous la rotule). Le choix dépend de l’étendue de l’usure, vérifiée à l’examen et sur les radiographies.

La prothèse totale de genou (PTG)

  • Ce qui est remplacé : toute l’articulation, c’est-à-dire le fémur, le tibia et la rotule

  • Pour qui : arthrose étendue ou touchant plusieurs compartiments, ou lorsque les critères de la prothèse unicompartimentale ne sont pas réunis

  • Durée de l’intervention : environ 1h30

  • À long terme : surveillance de l’usure de l’implant

La prothèse unicompartimentale (PUC)

  • Ce qui est remplacé : un seul compartiment usé, le plus souvent l’interne

  • Pour qui : arthrose localisée sur un seul compartiment, ligaments croisés intacts, axe du genou peu déformé, pas de surpoids majeur

  • Durée de l’intervention : environ 1 heure

  • À long terme : le compartiment non remplacé peut s’user avec le temps et nécessiter, plus tard, une prothèse totale

La prothèse unicompartimentale conserve davantage de structures du genou, ce qui donne en général une récupération plus rapide. Elle n’est possible que si toutes les conditions sont réunies : c’est l’examen en consultation qui permet de trancher.

La pose assistée par robot

Toutes les prothèses de genou sont posées au bloc avec l’assistance d’un robot. Le chirurgien planifie la position des implants, puis le bras robotisé l’aide à réaliser les coupes osseuses conformément à ce plan - au dégré et au millimètre près. Le robot ne décide de rien et n’opère pas seul : c’est le chirurgien qui conduit toute l’intervention. L’assistance permet de contrôler précisément l’alignement du membre et l’équilibre des ligaments pendant l’intervention.

Les études publiées rapportent, à court terme, une meilleure perception de la prothèse par les patients (score du « genou oublié »), par rapport à la technique conventionnelle. Les résultats à long terme, notamment sur la durée de vie des implants, sont toujours à l'étude.

Déroulement de l’intervention

Lors de la consultation préopératoire, un examen clinique complet est réalisé et un bilan radiographique est prescrit. L’indication, les modalités et les complications possibles sont expliquées précisément.

L’intervention est réalisée sous anesthésie générale et locorégionale (bloc nerveux + cathéter périnerveux). Avant la fermeture, des infiltrations sont faites autour de l’articulation pour limiter la douleur. L'entrée se fait le jour de l'intervention et l’hospitalisation dure en moyenne 2 jours. Dès le retour en chambre, vous êtes invité à faire quelques pas et à vous installer au fauteuil, avec le kinésithérapeute : c’est le principe de la récupération améliorée après chirurgie (RAAC).

Suites et rééducation

Les pansements sont refaits tous les deux jours jusqu’à cicatrisation complète. La rééducation débute dès le lendemain : mobilisation douce du genou, renforcement des muscles de la cuisse, rééducation à la marche. Vous quittez le service avec une ou deux cannes.

La rééducation avec un kinésithérapeute est une étape décisive du résultat. Elle doit être régulière et assidue pendant 3 à 6 mois, le plus souvent en ville. Un court séjour en centre de rééducation peut être proposé si le suivi en ville s’annonce difficile. Cette modalité sera discutée au cas par cas avec votre chirurgien.

Le suivi radio-clinique a lieu à 4 semaines, 3 mois, puis 1 an. Il permet de repérer précocement toute complication et de surveiller l’évolution de la prothèse dans le temps.

Objectifs

Une prothèse de genou soulage nettement la douleur et améliore la fonction. À la différence de la hanche, de petites douleurs résiduelles peuvent persister, surtout lors d’activités sportives inadaptées ou de certains mouvements. Après 6 mois, la plupart des patients finissent par oublier leur prothèse au quotidien, mais ce résultat est moins souvent atteint que pour une prothèse de hanche.

En bref

  • Hospitalisation2 jours
  • AnesthésieGénérale + locorégionale
  • Temps opératoire1h30
  • Durée rééducation3 à 6 mois
  • Arrêt de travail3 à 6 mois selon le travail
  • Reprise conduite automobile4 semaines
  • Reprise du sport3 à 6 mois selon le sport

FAQ

La prothèse de genou est-elle une intervention courante ?
Oui, c’est une intervention bien maîtrisée, pratiquée régulièrement. L'apport de la robotique permet de standardiser les résultats en limitant les malpositions d'implant. Son résultat dépend beaucoup de la qualité de la rééducation qui suit.
Combien de temps dure une prothèse de genou ?
En moyenne 15 à 20 ans pour une prothèse totale et 10 à 15 ans pour une prothèse unicompartimentale. Cette durée dépend de votre niveau d’activité, de votre poids et de la qualité de l’os. En cas d’usure ou de descellement, elle est remplacée par une autre prothèse.
S’agit-il d’une intervention douloureuse ?
La douleur est prise en charge avec un protocole d’antalgie multimodale : bloc nerveux et cathéter, infiltrations autour de l’articulation, et antalgiques classiques en quantité réduite. Cela permet une rééducation précoce dans de bonnes conditions.
Quand vais-je marcher après l’intervention ?
Dès le retour en chambre, avec le kinésithérapeute, puis avec une ou deux cannes. Une marche sûre avec une canne est le plus souvent obtenue en une semaine environ.
Puis-je faire du sport avec une prothèse de genou ?
Oui, une activité physique régulière et adaptée est conseillée : vélo et natation, marche et randonnée sur terrain adapté. Les activités traumatisantes (course à pied, ski alpin, VTT) sont déconseillées mais rien n'est impossible et tout dépend de votre niveau sportif antérieur. Discutez-en avec votre chirurgien.
Peut-on avoir une prothèse unicompartimentale quand on est en surpoids ou que l’on a eu une rupture ligamentaire ?
En général non : un surpoids important, une atteinte des ligaments croisés ou une déformation marquée du genou sont des contre-indications. Dans ce cas, une prothèse totale est le plus souvent conseillée.

Fiche(s) technique(s)

Fiche technique 1