Reprise de prothèse de genou

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Quand envisager une reprise de prothèse de genou ?

Une prothèse de genou associe quatre éléments : un implant sur le fémur, un implant sur le tibia, une pièce de polyéthylène entre les deux, et un implant sous la rotule. Avec le temps, il peut arriver que la prothèse pose problème et qu’il faille la reprendre. Les raisons les plus fréquentes :

  • Un descellement : la prothèse ne tient plus correctement dans l’os. De petits mouvements apparaissent, qui abîment progressivement l’os autour de l’implant

  • L’usure des pièces, notamment du polyéthylène

  • Une infection de la prothèse

  • Une instabilité, lorsque le genou n’est plus assez stable, ou une prothèse mal positionnée dès la première intervention

  • Une allergie aux métaux, qui peut être responsable d'un défaut de fixation de la prothèse

Cela se traduit par une douleur de plus en plus forte, une raideur, une gêne importante au quotidien, puis une boiterie et une perte d’autonomie. Plus le problème est repéré tôt, plus la réparation est simple : si vous ressentez une douleur nouvelle ou une gêne qui s’installe sur votre prothèse, n’attendez pas votre prochain contrôle pour consulter.

Comprendre l’origine du problème

Avant d’opérer, nous cherchons toujours pourquoi la prothèse pose problème : usure naturelle, positionnement initial, infection ou allergie aux métaux. C’est ce qui conditionne le choix de l’intervention. Une infection est prise en charge par une équipe pluridisciplinaire, avec un chirurgien orthopédiste, un infectiologue, et une antibiothérapie prolongée.

Une intervention qui se prépare en détail

Une reprise est une chirurgie plus complexe que la pose d’une première prothèse. La préparation compte beaucoup :

  • Pour vous : examen clinique, radiographies, bilan sanguin, parfois une scintigraphie pour rechercher une infection, bilan cardiologique et dentaire si besoin, revue de vos antécédents

  • Pour le chirurgien : planification de chaque étape, repérage des zones d’os abîmé et prévision d'une éventuelle greffe osseuse, évaluation de la stabilité des ligaments, choix des implants de reprise adaptés à votre cas

Déroulement de l’intervention

L’intervention dure 2 à 3 heures, sous anesthésie générale associée à une anesthésie locorégionale. L’hospitalisation dure 2 à 3 jours. Chaque reprise est unique, mais on peut en résumer les grandes étapes :

  1. Faire le point : évaluer l’état de l’articulation, de l’os et des ligaments, et tester les implants en place

  2. Nettoyer l’articulation : prélever des échantillons pour rechercher une infection, puis laver abondamment

  3. Retirer l’ancienne prothèse, côté fémur, tibia et rotule, et préparer un os sain

  4. Reconstruire si nécessaire : avec une greffe osseuse et/ou des cales métalliques qui comblent la perte d’os

  5. Poser la nouvelle prothèse de reprise, plus stabilisatrice que la prothèse d’origine

Suites et rééducation

Les suites dépendent de la complexité de la reprise. Les pansements sont refaits tous les deux jours jusqu’à cicatrisation complète.

Après une reprise simple, les suites sont proches de celles d’une première prothèse de genou : l’appui sur la jambe opérée est autorisé, et la rééducation débute dès le lendemain.

Dans les cas plus complexes, notamment lorsque l’os a dû être reconstruit, l’appui peut être partiel pendant 4 à 6 semaines, avec un traitement anticoagulant préventif. La remise en charge est ensuite progressive avec deux cannes, souvent en centre de rééducation.

Dans tous les cas, une kinésithérapie précoce et assidue est décisive : elle porte sur la mobilité du genou (mobilisation douce, parfois sur arthromoteur) et sur le renforcement des muscles de la cuisse. La rééducation dure en général 6 mois.

Objectifs et résultats

L’objectif est un genou stable, moins douloureux, qui permet de retrouver une autonomie satisfaisante.

Les résultats sont en général moins bons que ceux d’une première prothèse, et les risques de complications plus fréquents. La raideur est la difficulté la plus fréquente : le genou récupère souvent moins de mobilité qu’après une première prothèse, et une raideur résiduelle peut persister, y compris malgré une rééducation bien menée. Une douleur légère peut aussi persister. L’amélioration de la douleur et de la stabilité est le bénéfice le plus attendu. Votre chirurgien vous précisera, selon votre cas, ce qu’il est raisonnable d’espérer.

Complications possibles

Elles sont celles d’une première prothèse, mais plus fréquentes. Les risques liés à l’anesthésie sont plus importants car l’intervention est plus longue, et le risque de saignement est non négligeable :

  • La raideur : la plus fréquente. Elle peut nécessiter une mobilisation du genou sous anesthésie

  • L’hématome : fréquent et bénin, il peut nécessiter un drainage

  • La désunion cicatricielle : elle nécessite une prise en charge chirurgicale sans délai, parfois une chirurgie plastique de couverture

  • Les complications thromboemboliques : phlébite et embolie pulmonaire

  • L’infection de la prothèse : précoce, ou plus tardive par passage de germes dans le sang (dentaire, digestive, urinaire, pulmonaire) ; elle nécessite une prise en charge pluridisciplinaire, avec lavage chirurgical et antibiothérapie prolongée

  • La fracture, notamment au niveau de la tubérosité tibiale antérieure, qui nécessite une nouvelle fixation pour conserver la force du genou

  • Les lésions nerveuses : atteinte du nerf sciatique après une grosse reconstruction, ou troubles de la sensibilité autour de la cicatrice (nerf saphène), parfois persistants

En bref

  • Hospitalisation2 à 3 jours
  • Anesthésiegénérale + locorégionale
  • Temps opératoire2 à 3h
  • Durée rééducation6 mois
  • Arrêt de travail6 mois
  • Reprise conduite automobile4 à 6 semaines
  • Reprise du sport6 à 9 mois

FAQ

Une reprise de prothèse est-elle plus risquée qu’une première pose ?
Oui. C’est une intervention plus longue et plus complexe, avec des risques de complications plus fréquents et des résultats en général moins bons, en particulier pour la mobilité du genou. C’est pourquoi elle se prépare en détail, et relève de chirurgiens formés à cette chirurgie. Votre chirurgien vous expliquera, selon votre cas, les bénéfices attendus et les risques.
Comment savoir si ma prothèse doit être changée ?
Une douleur nouvelle ou qui s’aggrave, un genou qui s’enraidit, qui gonfle, qui se dérobe, ou une boiterie doivent vous conduire à consulter, sans attendre votre prochain contrôle. Une prothèse peut aussi s’user ou se desceller sans symptôme évident : c’est pourquoi un suivi régulier avec radiographies est recommandé.
Pourquoi ma prothèse a-t-elle posé problème ?
Les causes sont variées : usure des pièces, positionnement initial, infection, instabilité. Avant toute reprise, nous cherchons toujours l’origine du problème, car elle conditionne le choix de l’intervention et ses chances de succès.
Combien de temps durera la nouvelle rothèse ?
La durée de vie d’une prothèse de reprise dépend du motif de la reprise, de la qualité de l’os, de votre âge, de votre poids et de votre niveau d’activité. Elle peut être plus courte que celle d’une première prothèse. Un suivi régulier permet de surveiller la prothèse dans le temps.
Vais-je retrouver un genou comme avant ?
Une reprise vise à soulager la douleur, à stabiliser le genou et à retrouver une autonomie satisfaisante. Les résultats sont en général moins complets que ceux d’une première prothèse, notamment pour la mobilité : une raideur peut persister. C’est pourquoi une rééducation précoce et assidue est si importante.