
Prothèse de hanche
Prothèse totale de hanche (PTH)
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Qu’est-ce qu’une prothèse totale de hanche ?
La prothèse totale de hanche (PTH) remplace l’articulation usée par des implants : une cupule dans le bassin, et une tige dans le fémur surmontée d’une tête qui s’articule dans la cupule. Elle est proposée lorsque la douleur ne cède plus aux traitements habituels (antalgiques, anti-inflammatoires, infiltrations, canne, rééducation) et qu’elle gêne la vie quotidienne.
Indication de l’intervention
La pose d’une prothèse totale de hanche est le plus souvent liée à la coxarthrose, l’usure progressive du cartilage de la hanche. D’autres pathologies peuvent également y conduire : ostéonécrose de la tête fémorale, dysplasie de hanche, séquelles de fracture, ou coxite inflammatoire (polyarthrite par exemple).
La décision d’opérer repose avant tout sur des critères cliniques :
La douleur : localisée au pli de l’aine ou sur le côté de la hanche, mais parfois ressentie à la cuisse ou au genou, voire au niveau des lombaires
La perte de mobilité : raideur progressive de la hanche, associée à une fonte musculaire et une réduction du périmètre de marche
La boiterie
La gêne en flexion de la hanche : difficulté pour mettre ses chaussures, monter et descendre de voiture, se lever du canapé
Modalités
Le chirurgien réalise, au cours d’une consultation, un examen clinique complet et prescrit un bilan radiographique. À l’issue de ces examens, l’indication chirurgicale est discutée avec le patient, et les modalités ainsi que les complications possibles sont expliquées précisément.
Une planification préopératoire permet de choisir, à partir des clichés radiologiques, le type d’implant, la voie d’abord et son positionnement optimal. Dans les cas exceptionnels de dysplasie majeure, des implants sur mesure peuvent être mis en place.
L’intervention dure en moyenne 1h30, sous anesthésie générale. L’entrée dans le service se fait le jour de l’intervention.
Voie d’abord. Selon le bilan préopératoire et la demande fonctionnelle du patient, la prothèse est posée par voie antérieure mini-invasive ou par voie postéro-latérale.
Sortie. Elle a lieu le jour même (chirurgie ambulatoire) lorsque l’état de santé et les conditions de retour à domicile le permettent, sinon le lendemain, après une nuit d’hospitalisation.
Les grandes étapes. On prépare d’abord le cotyle (la cavité du bassin), où est fixée la cupule, puis le fémur, où l’on place la tige (cimentée ou non selon la qualité de l’os), surmontée d’une tête qui s’articule dans la cupule. Les matériaux de frottement sont choisis pour leur résistance à l’usure.
Suites
Après l’intervention, le patient est levé avec l’aide d’un kinésithérapeute, et la reprise de la marche se fait avec deux cannes au début.
À la sortie, la rééducation se poursuit en ville avec un kinésithérapeute, pour le travail de la marche et le renforcement musculaire. Deux à trois mois de kinésithérapie sont recommandés pour un bon résultat.
La reprise de la conduite automobile se fait en moyenne à 3 semaines. Le travail et le sport peuvent être repris au bout de 6 semaines ou 3 mois, selon le type de travail et le type de sport. Posez la question à votre chirurgien lors de la consultation.
Suivi
Un bilan de contrôle radio-clinique est réalisé à 4 semaines, 3 mois puis 1 an, afin de suivre les progrès de la rééducation et la bonne évolution de la prothèse dans le temps.
Complications
Les complications possibles sont toujours détaillées lors de la consultation préopératoire. Les plus fréquentes sont bénignes, les plus graves sont rares :
Les complications liées à l’anesthésie
L’hématome : fréquent et bénin, il disparaît spontanément en quelques semaines
La désunion cicatricielle : rare, elle nécessite une prise en charge chirurgicale sans délai ; une surveillance attentive est assurée avec l’aide des infirmiers à domicile
Les complications thromboemboliques (phlébite, embolie pulmonaire) : elles sont prévenues systématiquement par un traitement anticoagulant après l’intervention
La luxation de la prothèse (0,5 à 2 % selon la voie d’abord) : le plus souvent réduite par simple manipulation sous sédation, sans nouvelle intervention chirurgicale
La fracture (moins de 1 %) : elle touche le plus souvent le fémur
Les troubles nerveux (environ 3 %) : le plus souvent une perte ou une modification de la sensibilité autour de la cicatrice, qui disparaît souvent dans les 6 mois
L’inégalité de longueur des membres inférieurs : le plus souvent inférieure à un centimètre, bien compensée par une petite semelle dans la chaussure
L’infection de la prothèse (environ 1 %) : précoce, ou plus tardive par passage de germes dans le sang (dentaire, digestive, urinaire, pulmonaire) ; elle nécessite une prise en charge pluridisciplinaire, avec lavage chirurgical et antibiothérapie prolongée
L’usure et le descellement, à long terme : ils peuvent conduire à une reprise de prothèse (voir la page Reprise de prothèse de hanche)
En bref
Hospitalisation1 nuit ou ambulatoire
Anesthésiegénérale
Temps opératoire1h30
Durée rééducation2 à 3 mois, en ville
Arrêt de travail6 à 12 semaines selon le travail
Reprise conduite automobile3 semaines
Reprise du sport6 à 12 semaines selon le type de sport