Reprise de prothèse totale de hanche

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Quand envisager une reprise de prothèse de hanche ?

Une reprise de prothèse est le plus souvent proposée lorsque la prothèse ne tient plus correctement dans l’os : on parle de descellement. De petits mouvements apparaissent alors entre la prothèse et l’os, ce qui provoque des douleurs importantes et gêne les gestes du quotidien.

D’autres situations peuvent aussi conduire à proposer une reprise, parfois assez tôt après la première intervention :

  • Une infection de la prothèse, qui peut survenir peu après l’intervention ou plusieurs années plus tard. Elle demande une prise en charge rapide, menée conjointement par le chirurgien orthopédiste et un infectiologue

  • Une jambe plus longue que l’autre, lorsque les implants sont mal positionnés

  • Des luxations, c’est-à-dire une prothèse qui sort de son logement

  • Une douleur dans l’aine, avec une difficulté à lever la jambe, due à un frottement de la prothèse sur le tendon du psoas

Dans tous les cas, plus le problème est repéré tôt, plus la réparation est simple. Si vous ressentez une douleur nouvelle ou une gêne qui s’installe sur une prothèse, n’attendez pas votre prochain contrôle pour consulter.

Pourquoi une prothèse se descelle-t-elle ?

Avant d’opérer, nous cherchons toujours l’origine du problème. Un descellement peut avoir une cause mécanique (usure des composants, qualité de l’os insuffisante, implants mal positionnés) ou une cause infectieuse, ce qui explique le bilan complet réalisé avant toute reprise.

Les modalités

Une reprise de prothèse nécessite une hospitalisation de 2 à 3 jours dans le service. La convalescence et la rééducation se font ensuite en ville en cas de reprise simple, ou bien en centre de rééducation en cas de reprise complexe. Comptez 3 à 6 mois de rééducation au total.

L’intervention est réalisée sous anesthésie générale. Sa durée dépend de la complexité du cas : de 1h30 à 3h selon que l'os doit être reconstruit ou non.

Chaque reprise est unique et se prépare sur mesure. On peut néanmoins en résumer les grandes étapes :

  1. Faire le point : évaluer l’état de l’articulation et de l’os, et tester les implants en place

  2. Nettoyer l’articulation : prélever des échantillons pour rechercher une infection, puis laver abondamment

  3. Retirer l’ancienne prothèse et préparer l'os pour accueillir les nouveaux implants

  4. Reconstruire si nécessaire : avec une greffe osseuse et/ou un anneau de soutien

  5. Poser la nouvelle prothèse, avec une tige conçue pour les reprises, parfois fabriquée sur mesure

Selon la situation, des techniques de reconstruction sont disponibles pour compenser même d’importantes pertes osseuses. La stratégie est toujours choisie avec vous, en fonction de votre cas.

Les suites

Après une reprise simple, les suites sont proches de celles d’une prothèse de hanche de première intention : le lever se fait rapidement avec l’aide d’un kinésithérapeute, l’appui sur la jambe opérée est autorisé, et la rééducation se poursuit en ville.

Dans certains cas, notamment lorsque l’os a dû être reconstruit, l’appui sur la jambe opérée peut être différé pendant 4 à 6 semaines. Le lever et l’installation au fauteuil se font tout de même dès les premières heures, en respectant cette décharge. La remise en charge est ensuite douce et progressive, pendant environ un mois, avec deux cannes anglaises, le plus souvent en centre de rééducation.

Dans tous les cas, la kinésithérapie débute précocement, et elle demande votre pleine participation pour obtenir de bons résultats.

Objectifs

L’objectif d’une reprise est de soulager la douleur et de vous permettre de retrouver une autonomie satisfaisante dans les gestes du quotidien.

Les résultats sont en général moins bons que ceux d’une première prothèse : une gêne ou une douleur résiduelle peut persister, et la récupération fonctionnelle est plus longue. Le résultat dépend de l’état de l’os, de la raison de la reprise et de votre état général. Votre chirurgien vous précisera, selon votre cas, ce qu’il est raisonnable d’attendre.

Une reprise de prothèse expose aussi à des risques de complications plus fréquents qu’une première intervention. Votre chirurgien prendra le temps de vous les expliquer lors de la consultation préopératoire.

Les complications

Les complications possibles sont celles d’une première prothèse de hanche, mais elles sont un peu plus fréquentes. Les risques liés à l’anesthésie sont plus importants car l’intervention est plus longue, et le risque de saignement est plus important (nécessitant rarement une transfusion). Parmi les complications :

  • L’hématome : fréquent et bénin, il disparaît spontanément en quelques semaines. Dans certains cas, il peut nécessiter un drainage chirurgical

  • La désunion cicatricielle : rare, mais elle nécessite une prise en charge chirurgicale sans délai. Une surveillance attentive est assurée avec l’aide des infirmiers à domicile

  • Les complications thromboemboliques : phlébite et embolie pulmonaire prévenues systématiquement par un traitement anticoagulant oral

  • La luxation de la prothèse : elle peut le plus souvent être réduite par simple manipulation sous sédation, sans nouvelle intervention chirurgicale

  • La fracture de l’os : l’os étant souvent fragilisé et l’ancienne prothèse parfois difficile à retirer, une fracture peut survenir pendant l’intervention. Elle est traitée dans le même temps opératoire et peut modifier les suites, notamment la durée de la décharge

  • La lésion nerveuse : le nerf sciatique peut être atteint, ce qui peut entraîner une paralysie transitoire ou définitive des muscles qui relèvent le pied, ainsi qu’une perte de sensibilité sur le dos ou la plante du pied

  • L’inégalité de longueur des membres inférieurs : le plus souvent inférieure à un centimètre, elle est bien compensée par une petite semelle dans la chaussure

  • L’infection de la prothèse : elle peut apparaître rapidement après l’intervention, ou plus tardivement par passage de germes dans le sang (infection dentaire, digestive, urinaire ou pulmonaire). Une prise en charge pluridisciplinaire est alors proposée, avec lavage chirurgical et antibiothérapie prolongée

  • Les calcifications autour de la prothèse : elles peuvent limiter la mobilité de la hanche

En bref

  • Hospitalisation2 à 3 jours
  • Anesthésiegénérale
  • Temps opératoire1h30 à 3h
  • Durée rééducation3 à 6 mois
  • Arrêt de travail3 à 6 mois
  • Reprise conduite automobile6 à 12 semaines
  • Reprise du sport3 à 6 mois

FAQ

Une reprise de prothèse est-elle plus risquée qu’une première pose ?
Oui, une reprise est une intervention plus longue et plus complexe, avec des risques de complications plus fréquents et des résultats en général un peu moins bons qu’une première prothèse. C’est pourquoi elle se prépare en détail (bilan complet, planification de chaque étape, choix des implants) et relève de chirurgiens formés à ce type de chirurgie. Les Dr. Lozach et Cascales réalisent régulièrement ce type d'intervention et vous expliqueront, selon votre cas, les bénéfices attendus et les risques.
Comment savoir si ma prothèse doit être changée ?
Une douleur nouvelle ou qui s’aggrave au niveau de la hanche ou de l’aine, une boiterie, une impression d’instabilité ou une luxation doivent vous conduire à consulter, sans attendre votre prochain contrôle. Une prothèse peut aussi s’user ou se desceller sans symptôme évident : c’est pourquoi un suivi régulier avec radiographies est recommandé. C’est l’examen clinique et l’imagerie qui permettent de décider si une reprise est nécessaire, et à quel moment.
Pourquoi ma prothèse a-t-elle posé problème ?
Les causes sont variées : usure des composants, os de moins bonne qualité, implants mal positionnés ou infection. Avant toute reprise, nous cherchons toujours l’origine du problème, car elle conditionne le choix de l’intervention et ses chances de succès. Dans certains cas, aucune cause précise n’est retrouvée.
Combien de temps durera la nouvelle prothèse ?
La durée de vie d’une prothèse de reprise dépend du motif de la reprise, de la qualité de l’os, de votre âge, de votre poids et de votre niveau d’activité. Votre chirurgien vous donnera, selon votre cas, une estimation réaliste. Un suivi régulier permet de surveiller la prothèse dans le temps.
Vais-je retrouver une hanche comme avant ?
Une reprise vise à soulager la douleur, à stabiliser la hanche et à retrouver une autonomie satisfaisante dans les gestes du quotidien. Les résultats sont en général moins complets que ceux d’une première prothèse : une gêne ou une douleur résiduelle peut persister. L’amélioration de la qualité de vie reste cependant l’objectif et le bénéfice attendu dans la majorité des cas. Votre chirurgien vous précisera en consultation ce qu’il est raisonnable d’espérer dans votre situation.